Newsletter juillet
Chers collègues,
Alors que les aoûtiens vont chausser les tongs et laisser place aux juilletistes qui ont rangé les maillots, pas de trêve estivale pour la Direction Générale avec une actualité encore très riche ce mois-ci. Entre développement externe, avis sur la stratégie, et inégalités femmes/hommes-qui-ne-sont-pas-prêtes-de-disparaître, vous lirez qu’il y eu du rififi lors de la négociation d’un texte sur le harcèlement moral, visant à protéger les acteurs RH et discréditer les victimes qui saisiraient les prud’hommes. En septembre, vos élus du CSE rendront leur avis sur le projet de déménagement d’une partie des sites parisiens.
On vous décrypte cette actualité en commençant la palme d’or des meilleures réponses RH concernant notre demande de prime carburant !
Prix du carburant : Après l’argent, on jette l’urgent par les fenêtres !

En mai, votre CGT révélait un scoop sur le trop payé de la direction concernant le forfait social PERO. Notre direction se garde bien de révéler le montant de la douloureuse qui s’étale sur les 5 dernières années*.
Légitimement, en avril puis en mai, votre CGT a interpellé la direction sur l’explosion des coûts des énergies (qui repartent encore à la hausse) et leurs conséquences sur notre pouvoir d’achat. La DRH a daigné enfin répondre … le 6 juillet :
« Nous avons souhaité prendre le temps d’examiner cette situation ».
Ah ça, pour prendre le temps, ils ont bien pris leur temps ! Et voici la réponse :
« L’inflation est désormais revenue à un niveau inférieur à 2% après avoir certes subi une augmentation pendant quelques mois. Dans ce contexte et comme une très grande majorité d’entreprises, nous vous confirmons donc que nous n’envisageons pas la mise en œuvre de mesures spécifiques ».
C’est évidemment de toute beauté d’utiliser l’inflation sous 2% et se glorifier de ne pas faire partie de la « minorité » des entreprises à l’écoute des difficultés de leurs salariés. La RH ne s’embêtent même plus à faire semblant d’être bienveillante.
A quoi a servi ce délai de réponse ? Et bien à attendre qu’enfin une accalmie pointe le bout de son nez, puisque l’INSEE relève une inflation de +2.2% en avril, +2.4% en mai puis + 1.8% en juin (ouf de soulagement en RH !!!).
Et si l’inflation de juin avait été au-dessus de 2%, nous aurions dû surement patienter encore pour avoir une réponse.
On rappellera que le budget 2026 des augmentations collectives est de +1.5% de la masse salariale, donc très en deçà de l’inflation. Le manque de considération des salariés est si flagrant qu’il prêterait à rire si cela ne mettait pas une partie de nos collègues en grande difficulté.
A nouveau votre CGT réitère son invitation aux autres organisations syndicales d’une mobilisation de rentrée pour les NAO 2027.
En attendant, chers collègues, lorsque votre manager est tatillon sur les délais, grâce à votre CGT vous pouvez lui rétorquer cette magnifique jurisprudence : « Comme la DRH, j’ai souhaité prendre le temps d’examiner la situation ».
* Newsletter CGT mai – CGT AG2R article : Quand la CGT s’en mêle, la direction s’emmêle
Déménagement des sites parisiens : Erreur 429 sur les sites VIA MICHELIN et MAPPY !

L’erreur HTTP 429 « Too Many Requests » indique qu’il y trop de requêtes au même moment. Car dès l’adresse connue du bâtiment qui accueillera les équipes parisiennes, nos collègues concernés se sont empressés de consulter leur futur temps de trajet.
Lors de la présentation du projet, votre CGT a réitéré sa demande de muscler l’accord sur la gestion des emplois (GAPEC) invitant la direction à saisir l’opportunité de la renégociation de l’accord prévu en fin d’année.
Les priorités que votre CGT énuméraient lors de l’annonce du projet ont été entendues et respectées : sécurité, transport et restauration. Nous apprécions que les économies n’aient pas été la seule métrique pour le choix du bâtiment.
Le chantier ne fait que commencer puisque les déménagements ne débuteront pas avant fin 2028, et pourraient s’étaler jusqu’en 2032. Mais c’est dès à présent que votre CGT jouera tout son rôle pour s’assurer de l’anticipation optimum de la création de services de qualité et de l’accompagnement des équipes.
Avis* CSE sur le plan d’entreprise « Esprit de conquête » : Appâter sans épater !

Depuis près d’un an les membres du COMEX se sont bousculés au CSE pour présenter la stratégie groupe des 6 prochaines années. Contrairement à son prédécesseur, le Directeur Général souhaite rendre le groupe à nouveau attractif avec une volonté de transformation sans précèdent. Pour y parvenir, votre CGT attendait des précisions sur la trajectoire de l’emploi, la cohérence de la politique salariale, l’utilisation de l’IA, la modernisation des outils, les offres commerciales…
L’ambition est indéniablement séduisante mais les moyens mis à son service sont plus contestables… Quand ils existent !
Les élus du CSE ont fait part de leur avis détaillé et circonstancié concernant le plan stratégique « Esprit de Conquête » et ses implications sur l’emploi, les métiers et l’organisation du travail.
Si nous ne devions retenir que les points principaux :
La plateformisation est un levier central mais les élus déplorent qu’elle n’ait pas atteint, à date, ses objectifs de productivité et d’amélioration de la qualité de service. Les gains de productivité liés à la plateformisation et à l’IA sont insuffisamment détaillés, entrainant des inquiétudes sur leurs impacts sur l’emploi et les conditions de travail. Le déploiement de l’OSP a été très difficile, générant dysfonctionnements, retards et tensions pour toutes les équipes, avec des risques psychosociaux importants.
Le CSE demande une présentation plus détaillée des hypothèses, risques et scénarios alternatifs des gains de productivité, ainsi qu’une présentation des conclusions de l’audit externe et ses recommandations.
Concernant la distribution : Les élus sont préoccupés par le manque de détails opérationnels de la feuille de route Distribution et demandent une présentation complète de la politique commerciale, incluant les objectifs par canal et les impacts sur les métiers.
Le plan « Esprit de Conquête » repose sur une transformation transversale, avec une stratégie davantage structurée par segments de clientèle. Cela implique une nouvelle façon de travailler. L’accompagnement devra être anticipé et suivi au plus près pour éviter des surcharges de travail pour les équipes, et/ou la déstabilisation des métiers et collectifs. Les élus alertent sur l’absence de scénarios d’évolution des emplois, les impacts de l’IA et de la digitalisation sur les effectifs, et le risque de surcharge de travail pour les réseaux commerciaux.
Les Inquiétudes portent également sur la stratégie omnicanale, dont les précédentes expériences ont été un échec, et sur la possible restructuration du réseau sans information-consultation complète et anticipée, nécessitant un accompagnement pour les salariés.
Concernant l’emploi : L’accord GAPEC est censé rendre les salariés acteurs de leur employabilité, mais l’absence de trajectoire claire et chiffrée des emplois et compétences fragilise cette ambition. Aucune donnée chiffrée n’a été présentée. Nous devrons prendre le temps de renégocier l’accord GAPEC en fin d’année sous tous les aspects, impacts IA, stratégie, évolution des métiers au sens large, et espérons que la direction saura entendre les revendications des organisations syndicales.
Les élus demandent des analyses d’impact détaillées. Un travail paritaire sur la pesée des emplois, réclamé de longue date, devient impératif et urgent.
Le CSE reconnaît les ambitions de croissance et de redressement du plan, ainsi que la volonté de transformation numérique et de renforcement de la RSE. Cependant, il subsiste de nombreuses « zones d’ombre » concernant les impacts sur l’emploi, les gains de productivité et les moyens alloués. Les élus insistent sur la nécessité d’une plus grande transparence et rappellent que l’efficience ne doit pas se faire au détriment des salariés, de la qualité de service ou des moyens humains. Les salariés ne doivent pas être une variable d’ajustement économique.
Achat de la CFDP : Non, la CFDT n’est pas à vendre !

Ce titre nous a semblé opportun pour éviter la confusion induite par des acronymes très proches.
Le groupe devrait prendre une participation majoritaire (60%) de la société CFDP : Compagnie Française de Défense et de Protection juridique, entreprise spécialisée dans la protection juridique. Cette activité, en croissance régulière, étoffe notre gamme de services proposées aux clients. L’acquisition confirme que le groupe repart à l’offensive comme l’initie le plan d’entreprise « esprit de conquête ».
Selon votre CGT, la prise de participation à hauteur de 60% est plutôt une bonne nouvelle car elle induit que les actionnaires historiques restent au tour de table et donc sont confiants en l’avenir de l’activité. Pour autant, il n’est pas exclu qu’à terme, une acquisition progressive du l’intégralité du groupe se fasse.
Votre CGT reste prudente sur le dossier car les dernières initiatives du groupe (MATMUT, Domitys) se sont plutôt apparentées à des catastrophes industrielles.
Il est souhaitable que dans quelques temps nous ne voyons pas notre DG tel Don Quichotte luttant contre des moulins à vent pour assouvir son esprit de conquête.
Accord égalité femmes/hommes : Première priorité… après toutes les autres !

Votre CGT est signataire de ce nouvel accord puisque comme les précédents, il évolue essentiellement grâce à nos revendications. Nous l’affirmons depuis plusieurs années : nous sommes l’organisation syndicale la plus offensive sur ce sujet. Et, contrairement à d’autres, pas seulement dans nos communications ou une fois par an … Nous étudions chaque projet, chaque négociation d’accord, en prenant en compte l’aspect égalité professionnelle.
Ainsi, les souffrances liées à l’endométriose commencent enfin à être prises en compte grâce à du télétravail supplémentaire. On se souvient avec effarement que lors de la négociation précédente, une organisation syndicale avait refusé ce qu’elle qualifiait d’avantages supplémentaires donnés à des salariées par rapport aux hommes ! Trois ans de perdus pour les femmes touchées par cette maladie invalidante !
Votre CGT obtient la mise en place de produits d’hygiène féminine partout où cela sera possible. Nous étions les seuls à inscrire cette revendication dans notre profession de foi électorale. Promesse tenue !
Réduction d’horaires pour tous (femmes et hommes) de retour de congé d’adoption et de congé supplémentaire de naissance si accolé.
Dès lors, pourquoi ce titre peu élogieux ?
Parce que, l’écart de rémunération dans notre GIE entre les femmes et les hommes reste de 23,9 % (Vous avez bien lu !!!) ; parce que la ménopause et autres affections féminines ne sont pas interrogées, parce que la réduction horaire ne s’applique pas au retour de congé paternité alors qu’il faut donner aux hommes les moyens de mieux gérer leur parentalité avec leur vie professionnelle, parce que les droits pour les aidants, majoritairement des femmes, n’évoluent pas, parce que les temps partiels (93% des femmes) sont pénalisées dans leur carrière et l’évolution de leur rémunération … bien que des dispositifs existent, ils restent encore insuffisants.
Pour atteindre l’objectif de l’égalité, il faut également une politique salariale cohérente, des organisations qui permettent aux femmes d’occuper des postes à responsabilité, des adaptations du quotidien pour soulager la charge mentale…
La CGT est signataire de ce nouvel accord égalité professionnelle car de nouvelles avancées ont été obtenue par notre organisation syndicale. Pour autant, il reste à faire.
Si notre combat pour la mise en place d’une mesure facilitante pour les femmes atteinte d’endométriose est entendu, la prise en compte de la santé des femmes de façon plus générale, d’affections féminines comme la ménopause n’est toujours pas d’actualité. Ces handicaps invisibles doivent être entendus et pris en compte.
Si le congé de naissance est maintenant pris en compte, notre revendication de l’extension de réduction horaire d’une heure par jour pendant 3 mois au retour de congé paternité n’a pas été acceptée alors que cette mesure permettrait aux salariés de pouvoir également mieux concilier leur parentalité avec leur vie professionnelle.
La mise en place de produits d’hygiène féminine est un sujet que nous avons régulièrement abordé ensemble. Nous saluons votre engagement sur cette mesure.
Nous saluons aussi le déploiement des formations, webinaires et sensibilisations qui contribuent à faire avancer les mentalités sur les sujets divers touchant l’égalité professionnelle et la diversité.
Comme échangé lors de la négociation, le combat contre le harcèlement sexuel et les comportements sexistes s’inscrit dans un temps long et quotidien. De nouvelles campagnes de sensibilisation doivent être un objectif à réaliser.
Enfin, il reste une approche, inscrite dans le préambule de l’accord, qui nous différencie :
« Ce nouvel accord réaffirme la volonté commune de la Direction et des organisations syndicales représentatives dans l’entreprise de continuer à promouvoir les principes de mixité et d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes… ». Notre organisation syndicale promeut la mixité et l’égalité et non ses principes. Cette notion de principe enferme dans une approche juridique.”

Consultation des documents santé prévoyance* : votre CGT vous signale un erratum RH

Beaucoup ont été surpris de recevoir le courriel des RH permettant d ’accéder aux notices de notre contrat santé/prévoyance car cette pratique est nouvelle.
Dans le texte accompagnant cet accès, les RH rappellent les évolutions positives de notre contrat santé (forfait de 150€ d’automédication, meilleure prise en charge des médecines douces…). Ces améliorations ont été acquises à la suite d’une difficile négociation au cours de laquelle votre CGT a, comme les autres syndicats, bataillé de pied ferme.
Ce que ne rappelle pas cette communication, c’est que l‘ensemble des salariés contribuent à combler le déficit structurel de la surcomplémentaire santé facultative. Ce choix, inégalitaire, de la direction est la raison de la non-signature de votre CGT malgré les évolutions positives du contrat de base. Des salariés n’ont pas les moyens de souscrire à la surcomplémentaire et pourtant ils en payent le déficit. Si cela n’émeut pas les autres syndicats, à la CGT cela nous choque.
Ce petit oubli de communication RH méritait d’être rectifié, d’autant plus que le courriel est renvoyé tant que vous n’avez pas cliquer sur le lien !
*Pour tenter de disqualifier votre CGT, la direction s’est fendue de la même communication avec pour titre “doc épargne salariale” au cas où le message “Pas bien la CGT, bien les autres” ne serait pas passer dans votre esprit. Quand la direction est réduite à cela, c’est que votre CGT fait le job et continuera de le faire bien, quelques soit les méthodes employées contre nous.
Harcèlement moral : le linge sale reste en RH !

C’est à l’initiative de votre CGT que la direction s’est vu contrainte de proposer un avenant pour revoir la procédure en cas d’alerte sur le harcèlement moral. Il faut dire que le processus était bancal : vous sollicitiez la direction qui décidait, seule, de l’ouverture ou non d’une enquête. Puis, elle interrogeait, seule, des salariés sans qu’on sache qui et comment elle orientait l’échange. Ensuite, seule, elle faisait un compte rendu d’entretien non consultable par les personnes interrogées. Enfin, à l’issu, c’est toujours seule qu’elle décidait qu’il n’y avait pas de harcèlement. Car oui, dans la grande majorité des cas, ses conclusions n’étaient « pas de harcèlement » ! Etonnant non ?!
Lors de la présentation de cet avenant, votre CGT s’est élevée contre la suspicion à l’encontre des victimes ou des témoins : « La documentation rappellera la responsabilité encourue pour toutes déclarations mensongères ou diffamatoires ». Ce rappel, qui heureusement n’est pas mentionné pour le harcèlement sexuel, initie des doutes sur la bonne foi de la personne avant même toute instruction !
Le reste précise la volonté de la direction de conserver l’opacité des décisions entre RH. Au lieu d’un décideur, ce seront maintenant deux collègues RH, même direction, même formation, même responsable… qui échangerons pour savoir lequel et le plus d’accord avec l’autre ! La direction a accusé, assez médiocrement, votre CGT de mettre en doute la probité de nos collègues RH alors que c’est la question de la transparence qui est posée. Cela interroge sur le discours porté par les négociateurs RH auprès de leurs collègues alors que régulièrement nous mettons en avant leur implication.
A toujours défendre le groupe et son image avant de penser aux victimes, cela ne grandit pas les négociateurs RH !
Nous ne cautionnons évidemment pas ce simulacre. Lorsqu’il a fallu témoigner lors d’enquêtes de la sécurité sociale ou auprès de la police, votre CGT s’est toujours positionnée aux cotés des victimes. Elle continuera à le faire quelles que soient les pressions de la direction !
Nous l’avons dit, il suffisait de se caler sur le process du harcèlement sexuel, équilibré, protecteur et conforme à la législation.
Action sociales aides individuelles : souviens toi l’été dernier

Il y a tout juste un an, la direction de l’action sociale s’était présentée en CSE et avait causé une déflagration rarement vue.
Finalement, le projet initial avait été abandonné au profit d’un nouveau projet de prise de rendez-vous via l’outil Agendize.
Officiellement lancé en avril sur une équipe test, puis sur toutes les équipes depuis le 8 juin, le projet est en cours de stabilisation et il est trop tôt pour tirer des conclusions.
Pourtant, la direction dès fin juin a tenté de réduire la durée des rendez-vous de 45 à 30 minutes, même pas un mois après la mise en place sur toutes les équipes.
Alors que ce projet a vu le jour dans la douleur, on aurait attendu de cette direction une plus grande prudence et qu’elle prenne le temps d’un véritable retour d’expérience.
Les conseillers vivent mal ces changements permanents, il est urgent d’attendre d’autant plus que la direction de l’action sociale est attendue en septembre devant le CSE.
Votre CGT portera comme toujours la voix des conseillers au service de nos adhérents les plus en difficultés.
Solidarité avec nos collègues Bordelais

Nous concluons cette communication avec une pensée pour nos collègues bordelais et leurs familles qui traversent un épisode dramatique. D’autres régions peuvent être touchées par des incendies. Nous sommes attentifs aux actions mises en place par la direction mais il conviendra, pour celles et ceux fortement touchés, de s’assurer que tous les moyens seront déployés (action sociale, dons de jours de RTT…) pour accompagner les salariés une fois les feux maitrisés et éteints.

Bien que nos images, libres de droit, puissent utiliser l’IA, nous avons fait le choix pour la rédaction de nos textes de ne pas utiliser l’intelligence artificielle. Ce parti pris nous permet de vous offrir des articles sur un ton humoristique et parfois quelque peu impertinent qui caractérise la CGT AG2R.
