Accord AGIRC ARRCO

Le 17 février dernier se sont ouvertes les négociations AGIRC ARRCO entre les  organisations  patronales  et  syndicales.  La  situation  financière  de  ces régimes n’est contestée par personne. Les réserves de l’AGIRC arriveront à épuisement  en  2018,  celles  de  l’ARRCO  en  2027.  Il  fallait  donc  apporter  des réponses  pour  maintenir  les   droits  des  salariés,  assurer  un  niveau  de  retraite permettant de vivre dignement et pérenniser les régimes sur le long terme.

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La CGT a fait des propositions immédiates et chiffrées pour maintenir les droits à travers notamment 2 propositions phares :

  • une augmentation de 7 € par mois (pour un salaire brut de 4000 €) de la cotisation AGIRC pour financer le régime qui en a le plus besoin

= apport de 2 milliards d’euros dès 2016

  • une contribution transitoire versée par les entreprises qui ne respectent pas l’égalité femme/homme et dégressive en fonction des efforts réalisés

= apport 5,7 milliards d’euros.

Le 16 octobre, la négociation s’est terminée par un accord entre la CFDT, la

CFE CGC et la CFTC.

L’accord prévoit un bonus malus pour les salariés, selon l’âge auxquels ils partiront en retraite. Un salarié qui aurait  toute ses années pour faire valoir des droits à la retraite  dans  le  régime  de  base,  aura  plusieurs  choix  au  niveau  de  sa  retraite complémentaire, par exemple :

1 – un salarié de 62 ans, ayant tous ses trimestres pour prétendre à une retraite à taux plein, pourra partir à la retraite. Mais avec cet accord, sa retraite complémentaire sera amputée de 10 %  pendant trois ans !

Pour éviter d’avoir cette décote,

il devra retarder son départ en retraite.

  • S’il part à 63 ans, il n’aura pas de décote.
  • S’il part à 64 ans, il bénéficie d’un bonus de 10 % pendant un an.
  • s’il part à 65 ans, il bénéficie d’un bonus de 20 % pendant un an.
  • s’il part à 66 ans, il bénéficie d’un bonus de 30 % pendant un an.

2 – une femme qui a son taux plein à 64 ans, devra attendre 65 ans pour partir sans décote.

3 – un salarié bénéficiant du dispositif de carrière longue qui lui permet de partir à 60 ans, verra sa retraite complémentaire amputée de 10 % pendant 3 ans.

Il devra attendre 61 ans pour ne plus avoir d’abattement.

Il s’agit donc bien d’un report de l’âge de départ à la retraite !

Pour les demandeurs d’emploi, qui n’ont pas d’autres choix que de partir en retraite à l’âge du taux plein, cela signifie un abattement de fait de 10 % pendant 3 ans !

Le gel de la revalorisation des pensions

Une  revalorisation des  pensions  à   hauteurs  des  prix  -1 %   avec   une  clause

« plancher », cela signifie que si l’inflation reste faible dans les 3 prochaines années, les pensions seront gelées. Ce mécanisme est déjà en œuvre depuis 2013.

Le fin du régime AGIRC par la création d’un régime unifié issu de la fusion de l’AGIRC   et   de   l’ARRCO a  été   troquée  contre  une   négociation  nationale interprofessionnelle pour définir les grandes lignes de la notion d’encadrement. Rien ne garantit l’avenir du statut cadre.

Aucun financement supplémentaire du patronat

En contrepartie, le MEDEF propose de mettre 300 millions de cotisations sur la table. Cette compensation sera financée par une baisse des cotisations ATMP (accident du travail, maladie professionnelle), engagement pris  du gouvernement ! C’est scandaleux, le patronat se paye sur le dos des victimes d’accident du mal-travail dont il est responsable.

La CGT  refuse  ce  marché  de  dupes.  Ces  mesures  sont financées  à  90 %  par  les   salariés  et  les  retraités  et  ne suffiront  même pas à financer le déficit. Sans rapport  de force d’ici là, la prochaine négociation en 2019 devra encore se traduire par de nouvelles amputations de droits pour tous. C’est  un  prélude  au  report  de  l’âge  légal  de  départ  en retraite.

Tous ensemble restons mobilisés pour défendre des retraites à taux plein, sans décote, pour vivre dignement !