CSE Janvier – suite et … suite ?
La « fausse » bonne idée de la direction de supprimer les commissions « métier » et « informatique » provoquent un embouteillage de sujets à traiter au CSE AG2R, qui se prolongent maintenant sur plusieurs jours.
Quand on aime, on ne compte pas il parait ! En février par exemple ce sera deux jours et demi, en mars, deux CSE en deux semaines … Si de son côté la direction travestie la multiplication des dates comme preuve de richesse et de qualité du dialogue sociale, votre CGT estime qu’il s’agit de noyer les élus sous les sujets et tenter ainsi de nous empêcher d’être pertinents.
Peine perdue, votre CGT est à vos côtés, partout, tout le temps !!!
Ci-dessous, vous trouverez nos analyses concernant les points abordés lors de la seconde journée de CSE de janvier.
CRC assurantiel et retraite : (Dés)accords, sans appel, pour la direction !

Contrairement aux précédèrent accords, cette fois la direction n’a trouvé aucun signataire pour cautionner le manque de considération des Conseillers Relation Clients, de leurs managers et des chargés d’étude. Obnubilée par la seule satisfaction client tout en oubliant que celle-ci n’est possible que par l’engagement des équipes, la surdité de la direction a été choquante.
Faute d’accord, la direction a été dans l’obligation de demander l’avis aux élus du CSE qui sans surprise ont unanimement rendu un avis défavorable.
“Les accords sur les CRC assurantiels et retraites n’ont recueilli aucune signature syndicale contrairement aux précédentes négociations.
On ne peut jamais se réjouir lorsque le dialogue entre la direction et les organisations syndicales aboutit à un échec.
Dans le cas présent, la direction est seule responsable d’avoir condamné toute possibilité d’accord.
En effet, les revendications de la CGT étaient légitimes et d’autant plus acceptables qu’elles se bornaient à prendre en compte la pénibilité des métiers, à revaloriser la prime d’objectif après 3 années d’inflation et à l’élargir aux chargés d’étude.
Cela fait plus de 5 ans que la CGT demande régulièrement un comparatif des rémunérations au sein des direction CRC retraite et assurantiel pour les conseillers clientèle et leur N+1, les responsables de service ainsi que les chargés d’étude. Tout comme nous demandons qu’un parcours professionnel plus adapté aux expertises soit mis en place avec par exemple la possibilité d’accéder à la classe 3D pour les conseillers clientèles.
Si ces sujets sont annexes aux accords, ils sont pour la CGT révélateur de l’absence de considération de la direction pour ces salariés, doublée d’une méconnaissance de leur expertise, alors qu’ils sont la vitrine de notre entreprise car en contact direct et permanent avec nos clients.
A la demande de la CGT, la direction a confirmé que les direction métier travaillaient sur ces points et que les résultats seront débattus avec les organisations syndicales courant 2026.
Notre avis sera donc négatif et il vaut pour les 2 décisions unilatérales que vous présentez.”
Action Sociale Individuelle : Le projet reste contesté !

La CFDT et SUD Solidaires ont donné un avis favorable au projet ce qui permet à cette direction de recueillir un avis positif à la majorité des élus du CSE. Cela surprendra certainement plus d’un conseiller de l’action sociale ayant suivi le feuilleton peu glorieux des passages de cette direction aux CSE de 2025, tant ce fut du grand n’importe quoi.
Certes le dernier projet présenté est « mieux que si c’était pire ». Pour autant, il ne faut pas se tromper dans l’analyse : l’objet n’est pas de valider que celui-ci est meilleur que le précèdent (dans son avis, votre CGT relève des évolutions), mais de savoir si le projet actuel donne les garanties nécessaires d’amélioration du service aux bénéficiaires dans les conditions et les moyens adéquats pour les conseillers.
Pour votre CGT, beaucoup trop d’inconnues restent en suspens pour donner un « bon pour » à la direction.
Avis CGT sur le projet Action Sociale :
« La direction souhaite recueillir l’avis des élus du CSE sur le projet de nouvelles organisations dans la gestion des démarches Ecoute Conseil et Orientation.
Tout d’abord, la CGT tient à saluer la décision sage que cette direction a prise en abandonnant le projet précédent. La CGT s’est fortement opposée au précèdent projet mais s’est constamment inscrite dans le dialogue. La direction de l’action social l’a compris et ainsi n’a pas chercher à imposer aux salariés une réorganisation qui aurait fragilisé le collectif. Nous invitons d’autres direction à s’en inspirer.
Le projet a pour ambition de réduire le nombre de demandeur d’aides que les CAS ne parviennent pas à recontacter, qui est estimé à environ 40 %.
Pour ce faire, vous souhaitez la mise en place de rendez-vous pour les démarches ECO par le Front Office sur les agendas des conseillers. Ces derniers devront renseigner 4 semaines à l’avance leurs créneaux disponibles pour les rendez-vous.
Dans un premier temps, vous fixez la durée de rendez-vous à 45 minutes et un temps de 15 minutes entre chaque rendez-vous. La CGT demande que ce temps de 15 minutes soit pérennisé.
La CGT note positivement les éléments suivants :
- Votre affirmation répétée durant les échanges de la liberté pour les CAS de positionner les créneaux de rendez-vous à leur convenance, sans obligation d’un nombre de rendez-vous à atteindre et sans obligation de poser des créneaux sur les plages variables.
- Le fait que ce système de prise de rendez-vous ne soit pas une raison opposable à un refus de prise de congés.
- L’abandon des velléités d’enregistrement des appels
Pour autant, des incertitudes et des inquiétudes demeurent :
- L’intégration dans ces créneaux de rendez-vous des parcours spécifiques (autonomie, deuil, …) pose la question de la charge pour les conseillers concernés qui sont en nombre limités. Devront-ils faire face à un nombre de rendez-vous plus important ? Les débats n’ont pas permis d’obtenir une réponse claire
- La charge de travail des responsables d’équipes va nécessairement s’accroitre. De plus, ils leur incombent de recontacter le bénéficiaire pour repositionner un rendez-vous en cas d’absence d’un conseiller ce qui nous apparait comme inadapté.
- Le rôle et la place du sous-traitant dans l’organisation reste flou.
- Actuellement le nombre d’ECO distribué est faible, sans que nous sachions si la distribution se fait prioritairement vers le sous-traitant.
- Nous ne savons pas si le sous-traitant apparaitra dans Agendize, et si oui si les créneaux seront en priorités réservés aux salariés internes.
- Nous n’avons pas eu le retour sur le traitement des ECO par ce sous-traitant, prévu en septembre. Cette absence de retour, malgré les relances de la CGT en instance, est très dérangeant puisque vous lancez un nouvel appel d’offre sans qu’un retour d’expérience n’ait pu être présenté et discuté avec les élus.
- Vous avez affirmé que cette organisation pourrait être amené à évoluer au fil du temps. Si l’adaptation à d’éventuels écueils est légitime, cela nous conforte dans l’idée que ce nouveau projet arrive trop vite après l’abandon du précédent. Nous l’avions relevé au cours de nos débats, un temps de respiration pour les équipes déboussolées aurait été salvateur.
- L’intégration des missions spécifiques occupées par certains CAS dans l’activité ne semble pas prise en compte et sécurisé. Quid des réunions One note, des différents chantiers, des référents….
- Si, comme évoqué plus haut, un objectif de rendez-vous n’est pas fixé, lors des entretiens annuels, est présentée aux CAS une moyenne d’ECO et de dossier dans leurs équipes et leur position par rapport à cette moyenne. Ce pilotage pourrait vite se traduire en objectif.
- Enfin, à partir du 26 janvier, vous demandez aux CAS de minuter chaque partie de leur activité, chaque tache, le moindre mail dans un tableau Excel nommé Calcul TMT. Bien que le but n’en soit réellement expliqué aux équipes. Cette pratique interpelle fortement les élus CGT car vous ne l’avez évoqué à aucun moment, et inquiète en même temps les salariés.
Par ailleurs, sur le traitement des dossiers, bien que la direction ait tenu des propos veillant à rassurer sur la pérennité de cette partie de l’activité, elle est insuffisamment abordée dans ce projet. Si on ajoute les propos très inquiétants du directeur de la retraite complémentaire qualifiant d“Iasable” cette partie du métier et la volonté de former les sous-traitants au traitement des demandes d’interventions sociales, les doutes sont légitimes sur l’évolution du projet.
En conclusion, malgré des signes d’amélioration dans la prise en compte des demandes des salariés et des élus ainsi que dans la façon d’aborder les débats, les élus CGT rendent un avis négatif pour les raisons énoncés plus avant.
Enfin, les élus CGT demandent qu’un point d’étape à 6 mois de cette nouvelle organisation soit fait en CSE. »
Réorganisation DOSIT : La direction s’engage sur les préconisations… Qu’elle choisira !

Soulagement pour le patron de la DSID qui va enfin pouvoir imposer sa réorganisation. Ce ne fut pas sans mal puisque ce projet a fait l’objet d’une expertise de la CSSCT doublée d’une expertise externe, du coté du CSE AG2R et du CSE La Mondiale.
Du travail des élus et de l’expert, la direction se dit prête à expliquer, dans un dialogue-descendant-constructif-sans-possibilité-de-contestation, pour la énième fois que son projet est super. Il faut dire que celui qu’encensait le précèdent DG comme le meilleur de la place de Paris vient d’être intronisé best of the best des stratèges IT 2025, preuve qu’il a raison et les autres ont tort. Ouvert au dialogue, si et seulement si on est d’accord avec lui, il s’est engagé à retenir une poignée de préconisations de l‘expert tant que rien ne vient modifier le projet. C’est toujours bon de rappeler qu’à la DOSIT, les salariés ont parfaitement le droit de ne rien dire, surtout s’ils sont en désaccord.
Votre CGT lui suggère quand même de demander à ALMIA la définition de l’humilité.
L’avis du CSE est unanimement négatif (pour votre bonne compréhension, FO a donné un avis négatif mais n’a pas souhaité se joindre à l’avis ci-dessous, travaillé par les autres organisations syndicales).
« Les élus du CSE prennent acte des orientations stratégiques présentées dans ce projet de réorganisation et doutent de la nécessité de réorganiser la DOSIT.
Plusieurs points de vigilances majeurs doivent être soulignés et nécessitent des garanties fermes avant toute mise en œuvre. Le rapport de l’expert démontre que les signaux remontés dans la restitution de l’enquête de la CSSCT étaient fondés, ils sont bel et bien le reflet de risques organisationnels, techniques et humains profonds, aggravés par une conduite de projet floue.
Concernant les points positifs, nous notons :
- Une orientation centrée utilisateur : L’approche produit est déjà une réalité, la vision service managé constitue une évolution, à condition qu’elle s’accompagne de moyens adaptés.
- Un rapprochement ingénierie-support : Cette logique peut améliorer la cohérence opérationnelle, mais uniquement si les expertises techniques sont préservées et valorisées. Elle peut aussi être un facteur perturbant.
- Une reconnaissance des risques : L’expertise identifie clairement les points de fragilité, ce qui démontre la qualité et l‘honnêteté de l’analyse de la situation par la CSSCT.
Mais des inquiétudes majeures se dessinent :
- Un affaiblissement de l’expertise technique : Le risque de dilution des compétences techniques (systèmes, sécurité et infrastructure) est réel et préoccupant. Les élus alertent sur une possible perte de substance technique au profit d’une logique support qui pourrait devenir prédominante et délétère. La transition d’une culture d’expertise technique reconnue vers une culture de « prestation de service » est perçue par les équipes comme une menace pour la rigueur technique et les exigences de qualité.
- Une dévalorisation des parcours professionnels : Le sentiment de déclassement exprimé par les ingénieurs infrastructure ne peut être ignoré. Cette réorganisation ne doit pas se traduire par une perte de reconnaissance et d’expertise des métiers techniques.
- Une charge de travail et dimensionnement : l’élargissement des périmètres (notamment Support au DevOps) sans garantie de moyens supplémentaires et de formations adaptées fait craindre une surcharge pour les équipes. L’expertise souligne une augmentation significative de la charge de travail pour les managers, déjà sous tension, sans que des moyens ou des accompagnements clairs soient mis en place.
Les élus exigent :
- Des garanties sur l’expertise technique et sa valorisation : Mise en place de parcours de formation complets et maintien des filières d’expertise.
- Un accompagnement RH renforcé, ambitieux et proactif : dispositifs d’écoute individuels et collectifs, entretiens professionnels approfondis, et possibilité de mobilités internes valorisantes pour ceux qui ne se retrouvent pas dans la nouvelle organisation.
- Un calendrier réaliste et progressif : les 3 phases proposées (préparation, transition, stabilisation) doivent être respectées et ne pas être réduites à leur plus simple expression sous prétexte d’une pression opérationnelle. Les objectifs individuels et collectifs doivent nécessairement être ajustés pendant toute la période de transition qui ne pourra pas être inférieure à 9 mois.
- Un suivi paritaire obligatoire : mise en place d’un comité de suivi CSSCT en lien avec le CSE, avec des rapports réguliers sur les impacts RH, la charge de travail ainsi que les indicateurs de santé au travail (absentéisme, turn-over, résultats des baromètres sociaux).
- Une clarification des rôles et processus : publication rapide des RACI (outil de gestion de projet structurant l’affectation des rôles et responsabilités au sein des équipes), des processus ITIL révisés et expliqués ainsi que la définition claire des chaînes d’escalade. Création d’un pôle d’architecture transverse et d’un Comité Cloud.
Au regard de l’ensemble des constats alarmants et des risques majeurs soulignés par l’expertise, les élus demandent les garanties suivantes :
La mise en place d’un plan de formation détaillé et budgété, accessible de manière transparente à tous les salariés concernés ; un dispositif d’accompagnement managérial effectif (coaching, mentorat).
Des moyens humains supplémentaires seront nécessaires pour absorber l’élargissement des périmètres ;
Nous souhaitons également un engagement écrit sur le maintien des niveaux de classification et la valorisation des parcours, et enfin une évaluation à 6 mois et 12 mois avec possibilité de réajustement si les risques identifiés se matérialisent.
Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, les élus émettent un avis défavorable sur ce projet de réorganisation. Les élus exerceront une vigilance particulière sur la mise en place d’un véritable dialogue social et d’un accompagnement humain digne de ce nom.
En l’absence de quoi, il sera difficile voire impossible d’obtenir l’adhésion des salariés.
Les élus du CSE appellent donc la direction à amender le projet avec les salariés pour réunir les conditions de réussite de cette transformation.«
Salarié compétent : n’est pas collaborateur qui veut !

Le passage de ce sujet en CSE répond à une obligation légale qui oblige l’employeur à désigner un « salarié compétent » pour gérer la prévention des risques professionnels.
Cette pure formalité a permis à votre CGT de rappelé qu’un salarié n’est pas un collaborateur. En effet, un salarié est lié par un contrat de travail avec un lien de subordination contrairement à un collaborateur. Loin d’être désuète, cette différence est essentielle car en tant que salarié, vous devez vous plier au règlement intérieur, accepter les horaires imposés par l’employeur, réaliser les objectifs qui vous sont donnés … Le tout sous peine de sanction disciplinaire allant jusqu’au licenciement.
Le mot collaborateur a peu à peu contaminé le management et même certaines organisations syndicales. Avec ce mot, on a l’impression de faire partie de quelque chose car il a une connotation devenue valorisante. On a presque l’impression d’être proche de la direction. Ne vous y trompez pas, ce n’est qu’un écran de fumée pour que vous restiez dociles et corvéables à souhait.
Avis CGT salarié compétent :
« Les élus CGT du CSE notent que la terminologie légale est bien « salarié compétent », et non « collaborateur compétent ».
Preuve que les termes employés ont leur importance.
A partir du moment où nous avons l’assurance que vous donnerez tous les moyens possibles et nécessaires au salarié compétent d’exercer pleinement ses missions d’évaluation des risques et de prévention, la CGT rend un avis favorable.«

Retrouvez les infos sur la première partie du CSE et sur les NAO ici :
